Le camping en France

Le camping poursuit sa mutation avec la montée en puissance des grands groupes


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Le camping en France, dont la fréquentation bat régulièrement des records, change de visage avec le grignotage du secteur par de grands groupes spécialisés qui misent sur une modernisation de l'hébergement (mobile-homes, chalets), une tendance qui préoccupe les opérateurs historiques.

Avec une augmentation de la fréquentation de +2,7% sur un an en 2011, pour un total de 107 millions de nuitées, et une hausse du nombre de séjours (+1,9%) et de leur durée, la Fédération nationale de l'hôtellerie de plein air (FNHPA) a pavoisé en 2011.

Ce succès des quelque 8.600 terrains de l'hexagone s'accompagne d'une mutation du secteur, traditionnellement composé de campings appartenant à des propriétaires individuels et qui intéresse de plus en plus des groupes d'hôtellerie de plein air tels que FranceLoc ou Promeo.

Jusqu'à présent, on constatait "des regroupements d'indépendants, formant des chaînes de 10, 20 ou 50 établissements", tels que Yelloh Village (53 campings en Europe) ou Sunêlia (30 campings en France), note le président de la FNHPA pour la région Languedoc-Roussillon, Jean-François Bey.

Mais "le phénomène que l'on découvre actuellement (...), c'est l'arrivée du monde de la finance, de groupes à propriété unique", constate ce directeur du camping Les Galets à Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales). "Cela inquiète la profession", dit-il.

Actuellement, précise le directeur de la société de conseil indépendante Protourisme Didier Arino, il existe une dizaine de groupes qui investissent dans les campings, tels que FranceLoc (58), Homair (25), Utopia (19) ou Promeo (38 avec "21 Centrale Partners", maison mère de Vacances Directes).

Ces groupes possèdent également des emplacements et des mobile-homes dans des campings appartenant à des individuels.

Objectif littoral Pour l'instant, selon le président de la FNHPA, les grands groupes ont "mené des politiques dans la continuité de celles des indépendants, il n'y a pas une concurrence effrénée ou sauvage, mais plutôt une saine émulation".

Ainsi, on constate une montée en gamme constante des campings ces dernières années: 55% de la capacité d'accueil est aujourd'hui dans le haut de gamme (3, 4 et 5 étoiles), qui ne cesse de gagner des parts de marché depuis 2000, alors que les 1 et 2 étoiles reculent.

Promeo compte quelques campings 5 étoiles, ainsi que des 3 et 4 étoiles avec des mobile-homes, yourtes, écolodges, chalets, roulottes...

Pour le directeur du groupe Promeo, Olivier Ganivenq, le développement des groupes dans le secteur est inéluctable: "C'est une mutation naturelle. Le marché est très fragmenté, (...) on est à l'amorce d'un mouvement qui va naturellement augmenter", ajoute-t-il en comparant la situation du camping actuel à celle de l'hôtellerie de l'après-guerre, avec des petits hôtels familiaux qui ont été rachetés.

"La profession est mûre : il y a beaucoup de gestionnaires âgés qui cherchent des repreneurs" et "d'ici 2 à 3 ans, groupes et chaînes pourraient représenter la moitié du chiffre d'affaires", prévoit Guylhem Féraud (FNHPA).

Ce "mouvement de concentration aura ses limites à un moment donné", modère tout de même le directeur de Promeo. De fait, les groupes ne possèdent pour le moment que près de 250 campings sur les quelque 8.600 de France, soit seulement 18% des emplacements.

Toutefois, observe le directeur de Protourisme Didier Arino, ces groupes ont "acheté essentiellement sur les côtes", en Bretagne, en Aquitaine, en Languedoc-Roussillon... Ce qui peut laisser craindre à terme "une désertification des campings à l'intérieur" du territoire.


Source: Droit-Finances . net