Parc zoologique de Rabat : 10 MDH de coût annuel, à peine 3,7 MDH de recettes

Le parc, un des plus grands d’Afrique, abrite 1 750 bêtes de 200 espèces. Un budget de 2,6 MDH par an pour la nourriture et 100 000 DH pour les soins vétérinaires. Le nouveau parc, mitoyen au complexe sportif Moulay Abdellah, sera ouvert en 2011.

Situé à la lisière de Rabat, en venant de Casablanca, le parc zoologique n’attire plus les foules. Il ne reçoit plus que 300 000 visiteurs par an contre près de 700 000 en 1995. La désaffection du public ne fait que s’aggraver. Maintenant, il ne fait la une de l’actualité que pour les tentatives infructueuses de cession au privé et, récemment, en raison de la polémique suscitée par l’ouverture d’un chantier par le groupe Addoha à proximité. Mais, à l’intérieur, la vie continue et l’Etat, le maître des lieux, tente vaille que vaille de faire en sorte que le niveau de vie des animaux en captivité soit maintenu. Mais d’abord, ce parc est une véritable entreprise, même si une structure privée du même genre aurait dû déposer son bilan depuis longtemps.

Son budget de fonctionnement annuel est de 4,5 MDH, auxquels il faut ajouter quelque 5 millions versés par l’Etat au titre des salaires des 73 employés (soigneurs, techniciens et deux vétérinaires), soit au total 9,5 MDH. En plus de la charge salariale, l’Etat est obligé de financer partiellement le budget, sachant que les recettes de la vente des tickets sont insuffisantes pour couvrir le tout. Pour l’exercice passé, les entrées n’ont d’ailleurs rapporté que 3,7 MDH.

Avec 2,6 MDH, la nourriture des animaux constitue le plus gros poste de dépense (salaires exclus). Leur entretien (soins, vaccins, analyses...) revient à 100 000 DH. Le montant est relativement faible étant entendu que des accords de coopération avec d’autres organismes comme l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II permettent de faire des économies. Le reste va à l’achat et à l’entretien des véhicules, au carburant et aux fournitures de bureau.

Il faut savoir que la gestion de la nourriture des animaux qui pèse autant sur les finances du parc n’est pas aisée. Après plusieurs expériences, l’administration du parc en est venue à choisir, pour la partie «viande», la solution de l’abattage, sur place, de mulets et d’ânes dont la viande est sans aucun danger pour les bêtes, expliquent Saïd Hajib et le Dr Mohamed Najem, respectivement directeur du parc et vétérinaire. Les besoins portent sur 100 tonnes par an. Avant, ce poste engloutissait, à lui seul, 120 000 DH. Avec les fournisseurs qui abattent sur place, sous contrôle vétérinaire, la dépense a été ramenée à 80 000 DH. Il a fallu aussi rogner un peu sur la ration.

Selon le Dr Najem, un lion bien portant peut engloutir jusqu’à 7 kg de viande par jour, mais la moyenne est de 4 à 5 kg. Le parc accueille 55 animaux carnivores dont 28 lions de l’Atlas (mâles et femelles), des panthères de toute espèce et des pumas.

Pour les autres animaux, on nous informe qu’un éléphant avale quotidiennement jusqu’à 40 kg de luzernes, carottes, foin, orge et maïs, soit entre 100 et 120 DH.
Le Dr Najem connaît les animaux sur le bout des doigts et peut en parler pendant des heures. Il explique dans la foulée qu’un chimpanzé (le zoo en possède 7 au total) peut manger entre 2,5 et 3 kg de fruits et légumes, riz, cacahuètes... Un petit singe du pays (le zoo en compte 70), quant à lui, consomme un kilo de nourriture par jour.

Par souci d’économie, les responsables ont fait preuve d’inventivité en créant un petit élevage de rats, de souris et de poussins pour l’alimentation des reptiles. En effet, une petite vipère de 500 grammes a besoin de proies vivantes et peut consommer trois petits poussins par semaine en été.

Un taux de mortalité de 3 à 6% et un taux de natalité de 10%
Du point de vue du confort, Saïd Hajib et Mohamed Najem soulignent que l’espace actuel est bien dimensionné pour le nombre d’animaux qu’il accueille : un peu plus de 30 ha (contre 50 à son ouverture) pour 1 750 pensionnaires et 200 espèces.

Ce qui en fait un des plus importants d’Afrique, après ceux d’Afrique du Sud. A titre de comparaison, le parc zoologique de Montpellier compte 90 espèces et 500 animaux sur 80 ha. La densité est plus forte à Rabat, mais le Dr Najem assure que la situation sanitaire des animaux est bonne: le taux de mortalité des animaux est de 3 à 6% (le seuil d’alerte est 10%) et le taux de reproduction peut aller en bonne année jusqu’à 10%. Le parc continue d’avoir une belle collection d’animaux dont 3 éléphants, deux rhinocéros, quatre hyènes et sept hippopotames, une espèce qui se reproduit facilement en captivité. Seule mauvaise nouvelle cette anné : la récente disparition de l’unique girafe du parc.

Echanges d’animaux avec des zoos d’autres pays
En somme, le parc zoologique a une assez bonne réputation dans le monde. C’est ainsi que, dans le cadre des conventions avec d’autres institutions, il a procédé à plusieurs échanges et dons d’animaux. Notamment avec le parc zoologique de Montpellier, avec lequel il a échangé deux lions de l’Atlas contre 4 singes lémuriens et une loutre d’Europe. Il a procédé à une opération comparable avec le zoo Pulsen, en République tchèque (don de vautours fauves contre un loup à crinière d’Europe).

Par ailleurs, le parc zoologique de Rabat a accompagné des opérations de réintroduction d’espèces en voie d’extinction dans leur milieu naturel, au Maroc. Ce fut le cas à Dakhla, avec des gazelles Dama Mhorr.

Durant près de 40 ans, le complexe marocain a relativement bien joué son rôle et a sauvé au moins une espèce aujourd’hui disparue de la nature : le lion de l’Atlas. A l’origine, un premier groupe de lions était venu de la fauverie royale et offert par feux Mohammed V et Hassan II.

La VieEco




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